Pourquoi j’ai fait ce voyage ?

Pure folie, envie d’aventure, défi sportif… mais d’où est venue cette idée ?

Tout a commencé il y a 2 ans, lors d’une conférence de Mathieu Tordert, un aventurier Français, qui racontait son expédition à l’âge de 26 ans dans le cercle polaire de l’Antarctique. Ce qui m’a le plus marqué pendant sa présentation : l’histoire de la naissance de sa passion du voyage. À l’âge de ses 18 ans, pendant les grandes vacances, il a entrepris Paris-Istanbul à vélo, sans aucun entrainement, ni connaissance avec la motivation comme seul moteur.

À ce moment l’étincelle de mon voyage est née, pour prendre forme définitivement en septembre 2019. C’était décidé, l’été 2020 serait le début de mon voyage.

Durant toute l’année, j’y ai pensé sans réellement faire de recherche, puis le confinement a pointé le bout de son nez. Durant cette période, mon rêve d’aventure est tombé à plat et s’est teinté de déception. Mais à mon grand soulagement, le confinement s’est allégé, mon projet redémarrait. Dans la foulée, je me suis arrangé avec mon entreprise pour prendre un mois de congés. L’aventure allait enfin pouvoir commencer !

Le challenge du voyage solitaire

Partir seul ne veut pas dire rester seul pendant son voyage

L’avantage d’un voyage en solitaire, c’est qu’il nous pousse à sortir de notre zone de confort, à aller vers l’autre et à nouer des liens plus rapidement. Une expérience de vie, que je ne peux que vous encourager à vivre. Entre inspirations et motivations, j’ai eu la chance d’échanger avec des personnes de tous âges et tous horizons.

Ma première nuit en auberge de jeunesse, celle qui lancait officiellement mon voyage, fut surprenante. Elle allait refléter, sans le savoir à ce moment là, la bienveillance des rencontres que je ferai par la suite. En une soirée, j’ai bavardé avec des personnes de 4 nationalités différentes : Francais, Allemands, Autrichiens, et Slovaques. La soirée fut riche en émotions : des découvertes, des discussions variées et des échanges autour d’une bière. C'est aussi avec un Autrichien que j'ai créé le début de mon itinéraire pour les jours à venir. Par la suite les rencontres se sont multipliées : dans des campings où des groupes d’amis m’accueillaient, au détour des chemins, durant mes pauses, mes déjeuners, mes nuits chez l’habitant.

Mes seuls moments de solitude furent ceux sur mon vélo, ou perdu dans des lieux reculés. Loin de tout, loin de l'agitation urbaine habituelle, j’ai pris le temps de réfléchir, d’apprécier le silence et d’en apprendre plus sur moi-même.

Dans l’ensemble, j’ai été réellement surpris par la qualité humaine de mes rencontres. Un sentiment de bienveillance, de curiosité et de légère admiration émanaient des personnes qui s’intéressaient à mon aventure. Contrairement à la méfiance générale de mes proches, je n’ai ressenti aucune once de danger ou de malveillance pendant mon voyage.

Se préparer à l’aventure

Les étapes clès avant de partir : de l’apprentissage à la préparation

Un tel voyage est compliqué à improviser; surtout la première fois. Deux mois de préparation en tout genre ont été nécessaire. Mais avant tout j’ai passé pas mal de temps, presque un bon mois, à découvrir, écouter, apprendre des expériences de mes prédecesseurs, que ce soit via des vidéos, des blogs ou des podcasts.

1. Le matériel

- Sacoche avant de vélo
- Sacoche arrière de vélo
- Sacoche banane

- 1 matelas gonflable
- 1 sac de couchage
- 1 tente

- 1 campingaz + chauffeur
- 1 popotte
- 1 opinel
- 1 briquet
- 1 outils multifonction

- 2 chambres à air
- Des rustines
- 1 corde
- 3 démontés pneus
- 10 cerflex
- 1 cadenas U

- 1 tenue de vélo (cuissard + tee-shirt)
- 1 bracelet fluo
- 2 paires de chaussettes
- 1 coupe vent
- 1 veste
- 1 pull
- 1 legging jambe + haut
- 1 paires de gants
- 1 casque
- 1 paire de claquettes
- 1 paire de chaussure de vélo
- 2 caleçons
- 1 paire de lunette de sport

- 1 livre (le tour du monde en 80jours)
- 1 stylo
- 1 peu de feuille A4

- 1 batterie recharge externe
- 1 appareil photo canon
- 1 câble Usb
- 1 porte-monnaie (CB + cash)
- des écouteurs
- 1 tote bag

- 1 crème de solaire
- 1 brosse à dent
- 1 dentifrice
- 1 serviette
- 1 savon bio
- 1 stick à lèvre
- 1 paire de bouchons d'oreille

2. Condition physique

Je n'étais pas du tout préparé physiquement.

Ma condition physique de base est correcte : j’ai l’habitude de la course à pied et du vélo. Avant de partir, j’ai fais seulement 2 sorties : une de 20km et une autre de 30km, pour tester mon nouveau vélo, avec les équipements adaptés (sacoches et chaussures). Petit conseil futé: Si vous comptez passer par des paysages montagneux, prenez des chaussures de vélo de course. C’est indispensable, sans ces chaussures adaptées, je serais encore dans les Alpes à l'heure actuelle.

Durant les premiers kilomètres, avant de maitriser complètement le déclipsage de ces chaussures, je suis tombé pas mal de fois à l'arrêt ! Pour l'anecdote, j'ai réussi à tomber devant l’Opéra de Vienne que j’ai ainsi pu apprécier sous un autre angle...

3.L’itinéraire

Le point le moins préparé du voyage.

Je savais que je partais d’un point A pour aller à un point B (Vienne - Paris), mais sans réellement savoir quels chemins j’allais prendre. Durant mon premier soir à Vienne, j’ai rencontré un Autrichien. Il m’a conseillé un chemin en me montrant un grand espace vert sur Google Maps, (bon par la suite j’allais un peu déchanté). Le lendemain j’étais en route, mais ce fameux espace vert s’est averé être... les Alpes. Une réorientation était nécessaire. J’ai donc repris ma route, direction des pentes moins abruptes et des dénivelés plus souples.

Après 2-3 nationales avec des poids lourds passant à 110km/h, je me suis dit que ce n’était clairement pas une bonne solution. Un peu perdu, le soir par chance je dormais chez un couple de Cyclotrotteurs, qui avaient fait le tour du monde en vélo ! Ils m’ont conseillé l’application Bikemap, qui m’a aidée pour tout le reste du voyage.

4. Mais où dormir ?

- 4 nuits en camping sauvage
- 3 nuits en camping
- 6 nuits en auberge de jeunesse
- 3 nuits chez l'habitant
- 1 nuit à l'hôtel

Dans les grandes villes je dormais dans les auberges de jeunesse. Peu fréquentées avec le Covid, il n’y avait pas grand monde. Au moins cela m’a permis de faire des bonnes nuits et de reposer mes genoux endoloris.

Le camping était aussi un bon compromis pour se reposer, avoir une douche bien chaude et un peu d’électricité. Une autre expérience cool à faire est le camping sauvage, surtout dans les montagnes Autrichiennes. Pour en avoir fait à de nombreuses reprises avec mes parents durant mon enfance, je savais déjà ce à quoi il fallait faire attention. Si vous souhaitez en faire, il faut être organisé et connaître quelques points essentiels : Anticiper son repas du soir et du lendemain matin, camper près d’un point d’eau (ruisseau, fleuve,..) afin de pouvoir se laver, faire sa vaisselle ou sa lessive, et se poser dans un coin avec une exposition à l’Est pour sécher naturellement sa tente au petit matin.

Le must est de dormir chez l’habitant, mais en temps de Covid, les personnes étaient plus réticentes à accueillir des étrangers, notamment en Allemagne. J’ai pu quand même expérimenter les nuits chez les locaux grâce à une application assez sympa : Warmshower.

Retours d’expériences

Ce que j’ai apprécié

Une ville qui fut un coup de coeur : Salzbourg. Une magnifique métropole culturelle gorgée d’histoire, dont de grandes rues blanches sont bercées par la musique classique de celui qu’elles a vue naitre : le célèbre Mozart. Cernée par des Falaises et les Alpes, au coeur de la ville se dresse une ancienne forteresse du Moyen-Age qui permet d’apprécier toute la beauté de cette ville. Émerveillé par les grands espaces et les montagnes, certains endroits comme les Alpes Autrichiennes, les Vosges ou encore la Forêt Noire, furent des moments incroyables.

Les points que j’ai moins aimés

L’Allemagne en général. Le Covid n'a pas arrangé les choses, une ambiance légérement déshumanisée et stricte régnait dans les endroits où je suis passé. Et l’entraide n’était clairement pas à l’ordre du jour.

Souvenir le plus marquant

Je pensais que le moment le plus fort de mon voyage serait mon arrivée à Paris; mais il s'en est avéré autrement. Souvent les instants auxquels on ne s'attend pas sont ceux qui laissent les plus grandes traces dans nos mémoires.

Pour ce voyage, ce fut le passage de la frontière Française, près de Colmar. A la vue de ce panneau, qui m'annonçait mon retour en France. D'un coup, sans prévenir, toute la pression que je m'étais mise est redescendue. J'allais bientôt arriver au bout de mon voyage, et commencer à retrouver toutes les petites choses qui commençaient à me manquer. Durant ce court laps de temps, j'ai vécu des émotions intenses qui m'étaient encore inconnues. Pour ce moment unique, je ne regrette en aucun cas ce voyage.

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